Nommée pédiculose chez les humains, la phtiriose (ou parfois phtiriase) des chevaux est une dermite (maladie de la peau) provoquée par les poux. Redoutée, fréquente lors de manque d’hygiène, cette maladie due à des petits parasites externes doit être connue et savoir être observée et traitée pour obtenir son éradication.

Quels sont les poux des chevaux ?

On distingue deux sortes de poux, les poux broyeurs et les poux piqueurs.

Les poux broyeurs

Ils mesurent environ 2 mm, donc sont visibles à l’œil nu. Ils se nourrissent de débris de peau, produits par la desquamation qui a lieu en permanence, donc des cellules mortes, et de sébum. Ces poux broyeurs, ou mallophages, sont représentés par l’espèce Bovicola equi, le pou le plus fréquemment rencontré sur les chevaux (anciennement nommé Damalinia equi).

Voici le pou le plus fréquent chez les chevaux, se nourrissant de débris de cellules mortes (source : NCSU Veterinary Parasitology)

Voici le pou le plus fréquent chez les chevaux, se nourrissant de débris de cellules mortes (source : NCSU Veterinary Parasitology)

Les poux piqueurs

L’espèce en cause se nomme Haematopinus asini. Cet insecte un peu plus gros que le précédent, mesurant environ 3 à 4 mm, pique et se nourrit de sang, on le dit hématophage. Il ne transmet pas de maladie par sa piqûre, contrairement aux tiques et autres insectes hématophages.

Haematopinus asini, le pou hématophage des chevauxHaematopinus asini, le pou hématophage des chevaux

Le cycle de vie des poux

Tout le cycle a lieu sur le cheval, le pou adulte pond des œufs (les lentes) solidement accrochées à la base des poils, qui se transforment en nymphes qui elles-mêmes évoluent en adultes.

Le cycle dure environ 3 semaines et fait que l’infestation persiste sur un même cheval, on dit que les poux sont des parasites permanents. Les poux des espèces précitées sont très spécifiques des chevaux, et ne peuvent donc pas être transmis à l’homme. Cependant, ils sont contagieux pour les autres chevaux.

Schéma du cycle de vie des poux

Schéma du cycle de vie des poux (source : IFCE Equipédia, M. Delerue)

Qu’est-ce que la phtiriose chez les chevaux ?

La phtiriose est le nom donné à la maladie dermatologique provoquée par les poux.

Symptômes de la phtiriose chez le cheval 

Poux broyeurs ou poux piqueurs, le symptôme majeur est le prurit (=démangeaisons), les chevaux se grattent, se mordillent, se mordent, se lèchent, ce qui entrainent des lésions au niveau de la peau :

  • Desquamation : on observe des pellicules notamment à la base des crins de la crinière et de la queue.
  • Dépilations irrégulières (perte de poils).
  • Poils piqués et ternes, ébouriffés.
  • Plaies d’irritation, rougeurs (lésions d’érythème).
  • Risques d’hyperkératose (= peau épaissie) si l’infestation dure longtemps.
  • En cas d’infestation massive par les poux piqueurs, les nombreux repas de sang peuvent finir par provoquer une anémie, en particulier chez les poulains malades.

Localisation des lésions chez le cheval

Les zones atteintes préférentiellement sont :

  • La base de la crinière.
  • Le garrot.
  • De chaque côté du dos.
  • La base de la queue.
  • Les extrémités des membres.

Lésions de phtiriose au niveau de la crinière (source CPRT Equipédia)

Lésions de phtiriose au niveau de la crinière (source CPRT Equipédia)

Pou broyeur dans le pelage d’un cheval, vue rapprochée. © Parasitologie EnvA

Pou broyeur dans le pelage d’un cheval, vue rapprochée. © Parasitologie EnvA

Contagion, saisonnalité, facteurs de risque chez le cheval

Les poux peuvent être transmis par contact, d’un cheval à l’autre, ou de façon indirecte, plus rarement, par le matériel de pansage.

La phtiriose peut sévir toute l’année, sauf en été, lors duquel les températures chaudes ne sont pas favorables à la survie des poux. C’est plus une maladie d’hiver ou de début de printemps.

Les facteurs de risque sont les suivants :

  • Une mauvaise hygiène générale dans les écuries.
  • Des chevaux faibles, pas en bonne santé, qui se défendent mal contre les parasites (jeunes, vieux, autres maladies, stress, …. Tout ce qui peut provoquer une baisse des défenses immunitaires).
  • Des chevaux sales, pansage non fait régulièrement.

Diagnostic différentiel

On peut confondre avec d’autres maladies de peau, liées ou non à des parasites, et il sera très important de pouvoir observer les poux eux-mêmes pour poser un diagnostic de certitude.

Il sera important de faire la différence avec :

  • La DERE (Dermatite Estivale Récidivante Equine), qui est une allergie à la piqûre de moucherons et apparaît préférentiellement en été, sans contagiosité.
  • Une teigne ou dermatophytose, dans laquelle les dépilations sont plus rondes et plus semblables les unes aux autres.
  • Une gale chorioptique (= gale des paturons), due à des acariens, trop petits pour être visibles à l’œil nu. C’est l’observation des parasites qui permettra de faire la différence.

Quels sont les traitements et mesures préventives ?

Le traitement consiste en l’application de produits insecticides directement sur la peau. L’un des produits que votre vétérinaire pourra vous prescrire est le phoxime (SEBACIL ND 50% Solution). Il est recommandé de tondre les zones à traiter, et comme le produit tue les poux adultes mais pas les lentes, d’effectuer 3 traitements espacés d’une semaine. D’autres produits adaptés à d’autres espèces animales pourront également être prescrits par votre vétérinaire, certains par voie générale. Ces derniers viseront surtout l’élimination des poux piqueurs qui absorberont l’insecticide lors du repas de sang.

Dans notre catalogue, deux produits sont efficaces contre les insectes qui gênent les chevaux, dont les poux :

  • Le FLY IMPACT : à base de Pipéronyl Butoxide, de Cyperméthrine, de Pyréthrines et de Perméthrine, il a une action longue durée et évite ainsi les applications quotidiennes.
  • Le PROTECT 14 de la marque HORSE MASTER : les principes actifs sont identiques à ceux cités précédemment, l’action est également prolongée, due à la rémanence du produit.

La prévention se base sur deux points essentiels :

  • L’hygiène : les cures régulières, le lavage des couvertures, la gestion des tontes, le pansage, les douches, l’isolement des chevaux atteints, toutes les mesures de bon sens visant à avoir des chevaux propres et éviter aux insectes parasites de profiter d’une hygiène défectueuse seront à appliquer.
  • La bonne santé : comme nous l’avons dit, un cheval malade, en mauvaise santé, fatigué ou stressé, se défendra mal contre une infestation par des ectoparasites (= parasites externes). A contrario, un effectif en bonne santé composé de chevaux avec un système immunitaire qui fonctionne bien, sera moins atteint par la phtiriose.

En conclusion, si votre cheval se gratte, a « mauvais poil », un peu hirsute, et des pellicules à la base des crins, regardez de plus près, écartez les crins, et si vous voyez de tous petits insectes bouger, et des lentes accrochées aux crins ou aux poils, mettez en place rapidement les mesures qui s’imposent, et isolez-le des autres.

Découvrez nos articles sur le sujet :